La mort

Je parle à ma mort.
Quant à la vie j’en jouis.
Pas encore trop.
Pas encore assez.
Et puis elle dit que sa naissance
Bien que puante me sera comme à tous
Le fardeau et le prix à payer
Ce corps qui jamais ne fut mien
Ce corps que j’habitais
Au point que seule mon image perdue implorait
Qui me fit vivre l’étrangeté du quotidien
Cette distance blessante
Le poids de la normalité forcée
Pour ne pas souffrir,pour ne pas trop tôt crever
Alors il faut taire,des siècles,des années
Puis pouvoir parler à sa mort
Lui dire la beauté
Qui même enfuie dort sous les années
Lui chanter la vie
Tous les plaisirs offerts,l’amour,la folie,l’amitié
Et lui crier un mot pour elle insensé :Liberté.

20 mai 2018 15h30

Peurs

Oh au travers des compagnies
Les seules qui ne soient ennemies
Du sexe Du cul De baise
Font des hommes de la glaise
Et d’allumettes ce soufre fort aise
D’enfant je fus l’éclair
Curé ou autres n’en déplaisent
Ce feu injuste de colère
Il n’y fut rien que du vide
L’aube insipide
Ces paroles haineuses
Cette force niaise
Dirai je qu’il n’est d’homme
Que d’être pire que songe
Et que devoir se soumettre
Afin que sommeil au lointain sa vie ne prolonge
Par la grâce de mes dieux
Que les sabots au cœur
Ne frappent que ceux
Qui portent cruautés sans peurs.

3 mai 2018 22h20

Haïku 2

Aurions nous les étoiles nouées
Pour qu’elles nous éteignent
Et ce feu grattoir des nuées
Déposé au gouffre qui saigne?

Haïku 1

Des ténèbres
Le fleuve transpercé
L’ergot noir
Les effluves du soir
Dérision tonneau percé
Et rire de l’horizon funèbre.