Printemps

La plage est rouge
Comme l’hiver d’avant
Quand les nuages jeunes
Naissaient de fins
L’eau est dure
Comme l’été d’avant
Quand les prisons des rêves
Perdaient le temps
Le sable élégant
Comme automne d’avant
Quand les pesants outrages
En fouets de feu

Manqueront toujours les printemps.
6 mars 2018 18h51

Chien

Avoir du chien
Lavoir fatal
La grosse mort
Grace aux vivants
De l’avant nuit
La douleur pluie
Et ployez sous l’oubli
Qu’il emporte blanchis
Au garde manger
Les pinces et canines
Ciseaux de la chair marbrée
Le pelage si noir
D’agneau d’Hadès
Ses grands yeux
Ne s’ouvrent fous
Que sur la terre des dits délivrés
Si nombreux à chaque éclair
Et de nos râles
Ils font des fêtes
D’égarés ,emportés dans les dédales
Sous la terre parking d’éternité.

Douleur

la douleur est seconde
elle vient à pied,à point,saignante
maillot jaune,chiffon sale
rhésus zéro,négatif fellatoire et brosse à reluire
Le cissexué,sixième porte à gauche,au fond de la débauche
les hétéros essaims de taureaux aux drapeaux de seins
et puis les abusées que la liberté donnée rendent esclaves et catins
les bandes de bœufs,les carottes,le bouillon,les troncs glabres
les tribus affables,la queue dans le cerveau
les charrues dans les rues ou grincent les matous
les chattes dans les poubelles,les croquettes dans le froc
les coups d’estoc des satellites baveux,la foule défoulée des ruts à bagage
les mouches à merde font de légumineux mouchoirs
les broderies du dimanche devant l’église et les vendeurs sournois de savonnettes
les bondes bandantes et les fiottes mielleuses,abeilles du petit gratin
les gladiateurs des champs de patate
les vedettes à crédit,les torpilleurs du Sahara,les haras qui pleurent
et puis il en va comme des savates,la faune à pantoufle
le code des bouches et du gros dos,bushido du secteur dorsal
sans le parachute ventral qui fait se pâmer les sœurs
les fers parts et les affreux,le métal d’incendie des sans culottes
je ne porte pas de dessous,je n’ai rien à corrompre
les autres s’amusent et moi figurant l’assassin

Dos

J’ai bon dos
Mais il fait mal.
Surtout le bas.
Surtout à droite.
Là ou collaborent douleurs et colères.
Le mâle en bas.
Tout est travesti.
Les demis amis,les haines à demi,les ennemis entiers,
les petits enfants nazis,les cinglés de la bite,les hideux hittites,les faux zéneux zélés,les carmélites alitées,
les gueulards porcins,les saints poilus et les grotesques cris trop maigres.
Pingouins mécaniques des arctiques du cœur.Leurs fraises rugueuses dévorant la mort blanche.Les trous gercés n’ont pas de clous.
Les bavures déversées.
Les nuit renversées.
Cyclone de clowns inversés.
Tempêtes des calomnies.
A genoux suçant l’impie.
peluche qui perce les fibromes,le sourire du mal.
Mon dos fait mâle.
Surtout les reins.
Rien.
Surtout à gauche dans l’espace évidé.
Comme un poulet.

Devenir

Le vent cingle et mugit,la vie s’avance,conscience démunie.
Demain est peut être un nouvel abat jour.
Dans les entrailles des murs lépreux on lit parfois le testament des vieux qui ont perdu.
Un graffiti,une gravure,une entaille.
La marque des ongles labourant les cercueils.
Un long ennui,un temps infini,si égaré dans l’inaction et l’inutile,dévoyé.Au fond des lits cloutés des asiles,il y a des peluches de misère.
Des plaintes au plafond,des appels dans la terre,des hurlements de vérités que nul n’entend.
C’est dans ces cris sans intérêt que croissent les mauvaises herbes et les ronces.
Étrange serre étrangère ou se mêlent les droséras.
Une sphère opaque,une prison pour végétaux.
Dans les lents mouroirs sans miroirs des zones interdites,il y a nous,en devenir.

1er février 2014 13h27