Carbonifère et damnation

Le mal luit soudain dans le crane éclatant du ciel mortifié.L’orage gronde.Il y a ces crimes qui se vendent,en lumières rougeoyantes,tamisées,derrières les vitrines. La curiosité,l’imaginaire,le fantastique.Des ombres et des ventres se tordent en proies. Livrées à l’ivresse,à l’ivraie.Les cavités s’emplissent,les fronts se plissent dans l’humeur éjectée.
Les rêves lourds ne s’envolent pas.
Le long de l’avenue lissée sous la pluie,les arbres d’automne ont leurs tentacules dressés.
Le supplice c’est d’être là,jeté à la rue pale et ses néons.
Caméléon des brumes.
Invisible et regardant.
Lâche témoin.
Un peu plus loin le canal noir n’est qu’un fil errant.Le silence est gradué.Les dégradés se taisent en fournaises intimes.Et puis le goufre et la peur à longue portée du petit matin salutaire.
Noir et blanc dehors et puis rouge clignotant dedans.
La chaleur des jungles humaines à portée de toutes les bourses.
Les aiguilles de luxure,passagères des paresses,cognent les reins.
Ainsi les roses blafardes et tremblotantes du firmament soudain nettoyé par le vent.
Je remonte mon col à défaut de me pendre.
Il y a des secondes d’une tristesse infinie.
Ainsi les étoiles.
Elles explosent en éclosions dans les lits des fleuves de la nuit.
Enlacées aux portiques nébuleux.
Le mien reste vide entouré de bouteilles et de doutes.
Splendide cochonaille.
Ripaille et lardons,chardons,gueule d’abois.Le mirage est réfléchi comme dans un miroir.
Ce mourroir de l’instant consumé.
Artiste.
Le doigt amputé de dieu,les jours de cadavres,la bouche d’égout béante,le clown d’encre.
Juste une tache solaire.
Un point fixe qui fait parfois loucher.Le salaire des illusions.Les alluvions de macédoine et les oiseaux roses des satyres.
Chimères du Christ.Les charriots de pavots,éclats d’échine.
Les onze mille verges pointées sur les statues.
Les démons blancs et cornus des hospices.
Même la poèsie ce soir me semble un odieux fœtus.Finalement chercher la vérité c’est chercher le défiguré.Au propre comme au figuré.Les gueules rayées,les cœurs qui sautent toujours au même passage.Énervant et répétitif.De quoi s’arracher les cheveux.Obsédante danse d’affreux. Comme arythmie d’un rituel horrible.
Dans ces camps de castration tout est rayé.
Les ames n’ont plus que des murs pour gueuler tous leurs déserts.
La buée des yeux s’épaissit.Les gens vont et advienne ce que pourra.Les vertiges creux sont habillés des frusques des repus et tout finit par trainer au bistrot. Au genièvre. Mais nulle Guenièvre pour les Lancelots des froques,pour les puritains défroqués.J’entends les murmures du Brésil derrière les rideaux de pluie.
Ceux là nul ne les tire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *